Canicule et DPE : pourquoi une bonne étiquette ne garantit pas un logement frais en été ?

Actualités
DPE confort d'été canicule logement Molsheim Obernai Strasbourg

Après les fortes cha­leurs de ces der­nières semaines, une ques­tion revient chez de nom­breux pro­prié­taires et ache­teurs : mon loge­ment est-il vrai­ment pré­pa­ré pour l’été ? Beaucoup pensent trou­ver la réponse dans le DPE. Pourtant, le diag­nos­tic de per­for­mance éner­gé­tique a été conçu avant tout pour mesu­rer les besoins de chauf­fage, c’est-à-dire l’hiver. Face à des étés de plus en plus longs et intenses, cette orien­ta­tion montre ses limites. Voici ce que le DPE dit réel­le­ment du confort d’été, et ce qu’il ne dit pas.

Le DPE, un diagnostic pensé d’abord pour l’hiver

L’étiquette du DPE, de A à G, repose sur la consom­ma­tion d’énergie du loge­ment. Cette consom­ma­tion couvre cinq postes : le chauf­fage, l’eau chaude sani­taire, la cli­ma­ti­sa­tion, l’éclairage et les auxi­liaires comme la ven­ti­la­tion. Dans la grande majo­ri­té des loge­ments fran­çais, c’est le chauf­fage qui pèse le plus lourd dans ce cal­cul.

Autrement dit, un loge­ment obtient une bonne note parce qu’il retient bien la cha­leur en hiver et consomme peu pour se chauf­fer. C’est essen­tiel, car la lutte contre les pas­soires ther­miques et les fac­tures éle­vées passe par là. Mais cette logique dit fina­le­ment assez peu de chose sur le com­por­te­ment du loge­ment lorsqu’il fait 35 degrés à l’extérieur. Un bien peut par­fai­te­ment rete­nir la cha­leur en jan­vier… et la rete­nir tout autant en juillet, se trans­for­mant alors en véri­table bouilloire.

L’indicateur de confort d’été : utile, mais discret

Depuis la réforme du DPE de juillet 2021, le diag­nos­tic intègre un indi­ca­teur de confort d’été. Il attri­bue au loge­ment l’une de trois men­tions : bon, moyen ou insuf­fi­sant. C’est une avan­cée réelle, mais il faut en com­prendre les limites.

Première limite : cet indi­ca­teur n’influence pas l’étiquette A à G. Il figure sur le rap­port à titre infor­ma­tif, sans peser sur la note glo­bale. Un loge­ment peut donc affi­cher un confort d’été insuf­fi­sant tout en res­tant clas­sé C ou même B.

Deuxième limite, tout aus­si impor­tante : l’indicateur mesure uni­que­ment le confort pas­sif, c’est-à-dire la capa­ci­té du bâti­ment à res­ter frais sans cli­ma­ti­sa­tion. Un loge­ment équi­pé d’un cli­ma­ti­seur peut donc être noté insuf­fi­sant, car l’appareil n’entre pas dans l’évaluation de ce cri­tère.

Les critères pris en compte

L’indicateur s’appuie sur quelques carac­té­ris­tiques du bâti. Deux d’entre elles sont consi­dé­rées comme prio­ri­taires : l’isolation de la toi­ture et la pré­sence de pro­tec­tions solaires exté­rieures (volets, brise-soleil) sur les fenêtres expo­sées à l’est, au sud et à l’ouest. S’y ajoutent trois cri­tères com­plé­men­taires : l’inertie du bâti­ment, le carac­tère tra­ver­sant du loge­ment, et la pré­sence de bras­seurs d’air fixes. C’est la com­bi­nai­son de ces élé­ments qui fait bas­cu­ler la men­tion vers bon, moyen ou insuf­fi­sant.

Quand une étiquette A cache une bouilloire thermique

Les chiffres sont par­lants. Selon une étude menée en juin 2026 par le bureau Pouget Consultants pour l’alliance IGNES, por­tant sur plu­sieurs mil­lions de DPE, envi­ron un loge­ment sur dix seule­ment obtient un confort d’été réel­le­ment satis­fai­sant. Près d’un sur deux est jugé insuf­fi­sant.

Plus sur­pre­nant encore : même par­mi les loge­ments les mieux clas­sés en éner­gie, une part impor­tante reste expo­sée à la sur­chauffe esti­vale. Un appar­te­ment peut affi­cher un confor­table C en hiver et deve­nir dif­fi­cile à vivre en plein été s’il est situé sous les toits, sans volets exté­rieurs et avec des murs légers. La bonne note éner­gé­tique ne pro­tège donc pas méca­ni­que­ment de la cha­leur.

Ce constat mérite d’être gar­dé en tête au moment d’un achat. L’étiquette répond à la ques­tion du coût de chauf­fage, mais elle ne répond pas, à elle seule, à la ques­tion du confort en période de cani­cule.

Vers un DPE mieux adapté aux étés qui se réchauffent

Les pou­voirs publics ont pris la mesure du sujet. Le troi­sième Plan natio­nal d’adaptation au chan­ge­ment cli­ma­tique envi­sage une révi­sion de la méthode de cal­cul com­mune au DPE et à l’audit éner­gé­tique, afin d’obtenir un indi­ca­teur de confort d’été plus pré­cis. En paral­lèle, une pro­po­si­tion de loi dépo­sée en juillet 2025 vise à ren­for­cer cet indi­ca­teur et pour­rait, à terme, le rendre plus visible, y com­pris dans les annonces immo­bi­lières.

Rien n’est encore acté à ce jour, mais la ten­dance est claire : le confort d’été devrait prendre une place crois­sante dans l’évaluation des loge­ments dans les années à venir. Pour un ven­deur comme pour un ache­teur, c’est un cri­tère qu’il devient utile d’anticiper.

Comment améliorer le confort d’été de son logement

La bonne nou­velle, c’est que les leviers pour rafraî­chir un loge­ment sans cli­ma­ti­sa­tion sont connus et sou­vent acces­sibles. Parmi les plus effi­caces :

  • Installer des protections solaires extérieures (volets, stores, brise-soleil) sur les fenêtres les plus exposées. C’est le geste le plus impactant : arrêter le soleil avant qu’il n’entre est bien plus efficace qu’un rideau intérieur.
  • Isoler la toiture ou les combles, en particulier pour les logements situés sous les toits, qui sont les plus vulnérables à la chaleur.
  • Favoriser la ventilation naturelle en aérant la nuit et tôt le matin, lorsque l’air extérieur est plus frais, surtout dans les logements traversants.
  • Miser sur l’inertie des matériaux lourds (murs épais, sols en pierre ou béton) qui restituent la fraîcheur accumulée la nuit.
  • Ajouter des brasseurs d’air, qui améliorent la sensation de fraîcheur pour une consommation très faible.

Ces amé­na­ge­ments amé­liorent le confort réel, et pour cer­tains d’entre eux, ils sont aus­si valo­ri­sés par l’indicateur de confort d’été du DPE.

Un DPE à jour pour y voir clair

Que vous soyez ven­deur, bailleur ou ache­teur, la pre­mière étape reste de dis­po­ser d’un DPE récent et fiable. C’est lui qui vous donne à la fois la classe éner­gé­tique de votre bien et son indi­ca­teur de confort d’été, deux infor­ma­tions com­plé­men­taires pour prendre les bonnes déci­sions.

Chez Claridiag, je réa­lise des DPE certifiés sur Molsheim, Obernai, Strasbourg et dans tout le Bas-Rhin. Au-delà de la simple éti­quette, je prends le temps de vous expli­quer ce que révèle votre diag­nos­tic, y com­pris sur le com­por­te­ment de votre loge­ment en été, et les pistes concrètes pour l’améliorer.

Contactez-moi pour réa­li­ser votre DPE et faire le point sur la per­for­mance de votre bien, en hiver comme en été.


Article rédi­gé sur la base de la régle­men­ta­tion en vigueur en 2026. Le DPE, la méthode de cal­cul 3CL et l’indicateur de confort d’été sont sus­cep­tibles d’évoluer. Pour les infor­ma­tions les plus récentes, consul­tez le site offi­ciel ecologie.gouv.fr et l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME.


Partager l’article